Lettre de Jésus à toutes les personnes divorcées remariées

Pour présenter la position de l’Église catholique sur la question des personnes divorcées ne pouvant accéder à la communion, j’ai imaginé cette lettre écrite par Jésus :« Moi, Jésus, j’apprends que tu souffres de ne pouvoir accéder à la communion suite à ton divorce. Tu vois cela comme une sanction trop sévère et un rejet de ta personne.  Avec toi, je souffre de ton échec. N’est-ce pas ainsi que tu vis cette rupture? Quand tu fais un retour sur les beaux sentiments et les espoirs du début de votre amour, tu sens avec plus d’amertume la dure réalité du rêve brisé. Ton conjoint et toi avez voulu faire un, parce que l’amour, qui est union des cœurs, cherche à s’unir de toutes les façons possibles. L’amour veut porter des fruits. Tu savais que les enfants ont besoin d’une assistance pour se développer et que cette tâche requiert du temps, toute la vie même, demande aussi de la stabilité. Tu as voulu te marier parce que tu voulais aussi un amour qui dure toujours, mettant ta confiance dans cette parole : « Ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas».

Et maintenant tu vois vos projets et ceux de vos enfants durement ébranlés. Quelle peine de les voir chamboulés par toutes les péripéties de la séparation! Leurs petits regards inquiets disaient : papa, maman ne pourriez-vous pas revenir ensemble? Il a été décidé que non. Ton cœur est blessé, tes enfants en souffrent, ton conjoint aussi, tes parents regrettent et pleurent secrètement, tes frères et sœurs craignent que la même chose ne leur arrive. Tu sais au fond de toi que prendre ces petits et en faire des adultes est une mission si belle et si grande que la réunion des qualités de la mère et du père suffisent à peine à la tâche. Et te voilà seul(e).

Tout comme moi tu aurais espéré que les choses tournent autrement. Je ne te juge pas, tu sais que j’ai pardonné à la femme adultère, au criminel qui était à mes côtés sur le calvaire, je t’ouvre grand les bras. Tu veux revenir dans mon Église, que j’ai confié à mon Pierre, n’hésites pas, reviens. J’ai tant à te donner.

Je ne peux te recevoir à ma table bien que j’aimerais tant qu’il en soit autrement. Ce saint repas est le cadeau que j’ai fait à l’humanité, pour que chacun  puisse être avec moi, où qu’il se trouve. C’est une union réelle dans laquelle je me donne totalement parce que j’aime les humains. Ce repas signifie l’accord  de nos volontés, y accède celui qui partage mon projet. Rappelle-toi que mon amour est allé jusqu’à accepter toutes les souffrances et la mort pour chacun de vous. Je suis saint et ceux qui m’approchent doivent se purifier pour vouloir comme moi le bien de tous.

L’amour conjugal tend à une union totale et durable avec l’aimé, d’où le désir naturel d’une vie commune, d’un nouvel état de vie. «A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront qu’un.» J’ai voulu que cette union, don mutuel et total de son être à l’autre, soit scellée par un lien permanent, le seul digne de lui. L’amour véritable veut avant tout le bien de l’autre. La route est longue pour apprendre à renoncer à soi au profit de l’autre. J’ai voulu que le mariage devienne une école du vrai amour. Un amour fidèle, gagnant en solidité et en générosité au contact des exigences de la vie et du soin des enfants.  Ma vie vous sert de guide pour saisir l’ampleur de cette volonté de bien : un amour qui pardonne, patiente, endure tout… se montre prêt au sacrifice de sa vie. Voilà le but de l’amour : aimer comme Dieu aime. Quand on a pour mission d’aimer de cette façon tous les humains, y compris ses ennemis, on ne peut abandonner le conjoint que l’on a choisi et envers lequel on a pris un engagement public de l’aimer pour le meilleur et pour le pire, ni non plus ses propres enfants. Ce choix met en doute la sagesse de ce que j’ai voulu pour l’amour conjugal. Si tu t’engages dans une seconde union, tu affirmes par ce geste public que tu renonces à vivre selon mon enseignement, d’une certaine façon tu te retires toi-même de ma table.

Bien que je pardonne tout, certaines fautes ont des conséquences qui durent dans le temps, en particulier celles qui se rattachent au choix d’un état de vie. En te permettant d’approcher ma table, je risque d’en induire plusieurs en erreur. Tu sais comme moi que ton divorce est un mal pour toi et pour tous ceux qui en sont témoins. Si je te recevais à ma table les autres penseront que le divorce n’est pas si mauvais en fin de compte. Je les aime trop, et particulièrement les jeunes, pour les laisser penser ainsi. Je ne me trompe pas si je te dis que, toi aussi, tu ne veux pas que l’ensemble de l’humanité croit cela du divorce. Certes mon enseignement le dit clairement, mais les humains font plus confiance aux actes qu’aux paroles. Par égard pour eux, je ne peux t’admettre à ce repas.

Je ne te rejette pas, bien au contraire. Je sais plus que quiconque voir ce que tu fais de bien. Je ne crois pas que tu sois pour autant inférieur en sainteté à mes autres fidèles, même mariés. Viens vers moi et acceptes cette séparation temporaire de ma table.  Je dis temporaire parce qu’il y aura la table du banquet éternel. Accepte cette séparation comme ta contribution à mon effort pour aider l’humanité à comprendre l’importance et la valeur du mariage.  Sois-en convaincu, je suis avec toi et j’attends depuis longtemps le moment où tu accepteras de te tourner vers moi de tout ton cœur.  Tu ne le regretteras pas : je ne me laisse jamais surpasser en générosité.»

John White, Québec

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