Le mythe de la neutralité

Croire que la neutralité soit la meilleure attitude que l’État puisse adopter devant la diversité des croyances ne tient pas la route. La neutralité de l’État ne peut être le modèle à suivre. Elle demande ni plus ni moins d’organiser la société comme si Dieu n’existait pas, sous prétexte que quelques rares citoyens n’arrivent pas à croire en Dieu. La quasi-totalité des citoyens devrait se plier à l’incapacité d’une infime minorité. Cela me fait penser à un parent d’enfant handicapé qui demanderait à ses autres enfants de cesser de pratiquer des sports et des jeux par égard pour lui; ou encore à l’hôte d’une noce qui refuserait de servir le vin parce qu’un convive n’est pas capable d’en prendre.

Le choix de la neutralité pourrait avoir un peu de sens si l’incapacité de croire en Dieu résultait de ce qu’il y a de meilleur dans l’homme, alors qu’en fait elle est le fruit d’un ou de plusieurs défauts. L’expérience de la vie montre à souhait que ce sont des défauts qui rendent incapables de croire au bien en divers domaines. Le jaloux n’arrive pas à croire à la fidélité de son conjoint pourtant exemplaire. L’époux qui papillonne, sautant sur tout ce qui passe, ne croit pas que son conjoint ne fasse la même chose. Un pessimiste se montre réticent face à une bonne nouvelle tant qu’on ne lui présente des preuves. La personne pleine de manigances croit tous les autres comme elle. Le menteur invétéré s’imagine que les autres font comme lui, il ne croit pas à la franchise. L’avare ne croit pas en un don sans arrière pensée.

Être incapable de croire en un Être suprême alors que la quasi-totalité de la terre y croit provient sans l’ombre d’un doute d’une faiblesse. Être incapable de voir la beauté, le bien, l’ordre présents dans l’univers et de concevoir la nécessité d’un Être bon qui en soit la cause. Être incapable de concevoir que cet Être veuille le bien de ce à quoi il a donné vie. Pareille incroyance provient de défauts qui rendent incapables de voir et d’apprécier le bien. Des défauts comme se laisser accaparer par les soucis de la vie en raison de son ambition ou de son désir de s’enrichir. Pareil accaparement conduit souvent à négliger sa famille, au point de se plaindre de ne pas avoir vu grandir ses enfants et d’avoir négligé son conjoint. Celui qui a négligé des êtres si proches de lui risque fort d’avoir fait de même pour Dieu. Autre défaut : succomber à l’attrait des plaisirs au point de ne pouvoir résister. Qu’il s’agisse de la boisson, du sexe, de la drogue ou des jeux, une fois l’emprise établie, tout passe après la satisfaction du désir. Ceux qui osent s’opposer à ce mode de vie, Dieu y compris, se voient rangées dans le camp des ennemis. Cette vie entraîne une dégradation de la personne peu propice à une relation avec un Être spirituel. Autre défaut, avoir un amour de soi tel qu’il conduit à se croire autosuffisant, etc. Ce n’est certes pas le modèle à suivre. «Travaillez donc votre impuissance à croire par la diminution de vos passions» Pascal, Pensées # 233. Pourquoi faire de ce comportement défectueux d’une infime minorité la règle à laquelle devrait s’abaisser l’ensemble de la population?

John White, Québec

3 pensées sur “Le mythe de la neutralité”

  1. L’abaissement affecte plutot la masse suffisament peu éduquée pour supporter l’idée du mystére de la vie en tant que tel. L’idée de Dieu comme soin paliatif. De plus, le simple mot de « croire » contient presque en son entier la notion de doute. Croire est un choix arbitraire, fondé sur une simple intuition. L’avenement de la preuve irrefutable dans le contexte scientifique, juridique, et historique, met à mal la suprématie de la croyance dans les sociétés, sauf très archaïques, totalitaires. L’idée de Dieu telle que vous la concevez et surtout, telle qu’elle est erigée en dogme par les institutions religieuses, privant chaque homme qui y est soumis, de son propre ressenti mystique, est voué à disparaître, tout comme les nombreux Dieux de l’antiquité on fini par descendre de L’Olympe. Il ne s’agit pas de la disparition de la spiritualité, mais de celle d’une prise de pouvoir sur les esprits par les institutions. Et pour finir, qu’est-ce qui vous permet de dire que seuls les croyants sont sensibles à la beauté ou proches de leurs familles? Il me semble que certains dogmes vont jusqu’à priver certains de leurs adeptes de l’idée même d’en fonder une, (abstinence sexuelle), sous couvert d’un autre dogme, l’homme s’octroie le droit de toute puissance sur sa femme, est-ce selon vous une façon acceptable d’en être proche? Et enfin, les exemples sont nombreux de croyants capitalistes et assoiffés d’argent .

    Patibaille

  2. déja, la neutralité est faite pour ne pas prendre parti entre deux oppositions…

    la neutralité de l’état ne demande pas de faire comme si dieu n’existait pas mais de faire en sorte, selon moi, que les religions ne soyent pas des noeuds de conflits publics et sociétaux, actuellement les religions sont plus présentes aujourd’hui qu’il y’a 60 ans, premierement car les pays occidentaux ont aujourd’hui des populations multiconfessionelles entraînant des débats publics sur certains dogmes de ces religions, et la rapidité et le libre accès a l’information mondiale nous mettent en influence de conflits religieux intra et extra-territorial, donc aujourd’hui même les conflits religieux étrangers sont soumis a notre opinion et jugement, et ceux ci créent eux-même des conflits relationnels dans les débats axés sur ces problèmes extérieurs (un juif français et un musulman français qui se disputent sur le conflit israëlo-palestinien…).

    « La quasi-totalité des citoyens devrait se plier à l’incapacité d’une infime minorité » donc si j’interprète cette phrase, la minorité devrait souffrir les choix de la majorité ? ainsi donc l’exclure de la vie sociale, la marginaliser, au risque d’entraîner des actes d’expression extrêmes de la part de cette minorité qui se sent molestée et lésée ?? je trouve cela peu charitable dans l’idée, bien sûr dans la réalité cette exclusion est déja pratiquée partout pour differentes choses, mais exprimer la volonté de cette discrimination est plutôt peu engageante et très partisane surtout.

    « Le choix de la neutralité pourrait avoir un peu de sens si l’incapacité de croire en Dieu résultait de ce qu’il y a de meilleur dans l’homme, alors qu’en fait elle est le fruit d’un ou de plusieurs défauts » dans ce paragraphe d’ou est extrait cette phrase, vous partez du principe que les gens sous pretexte d’être neutre face aux croyances, ne croyent pas en dieu…

    « Être incapable de croire en un Être suprême alors que la quasi-totalité de la terre y croit provient sans l’ombre d’un doute d’une faiblesse. Être incapable de voir la beauté, le bien, l’ordre présents dans l’univers et de concevoir la nécessité d’un Être bon qui en soit la cause. Être incapable de concevoir que cet Être veuille le bien de ce à quoi il a donné vie. Pareille incroyance provient de défauts qui rendent incapables de voir et d’apprécier le bien »

    la encore vous êtes dans la croyance que les neutres n’ont pas de foi en un dieu, hors pour autant que je sache, les « croyances » comme vous les exprimez sont, pour moi, l’expression de « la religion », hors la religion n’est pas forcément la foi, la religion est une interprétation de la vie et du monde selon des hommes qui disent détenir la parole et la vision de Dieu, et dans un cas de libre-arbitre, l’homme peut ainsi choisir d’avoir foi en dieu sans dogme, ou avec dogme. et la encore cela reste complexe car certains définiront Dieu en disant « c’est ce qui nous entoure » (abstrait) alors que dans les livres sacrés dieu est humanisé (concret), il porte un nom (dieu, yahvé, allah, etc…), peut avoir un fils (jesus), peux s’exprimer aux hommes (visions prophètiques, dons, miracles), donc déja cette façon d’exprimer sa visualition de dieu peut être source d’un conflit. bref, ne pas croire en une religion ce n’est pas forcément ne pas croire en dieu, c’est aussi ne pas adhérer a une vision de dieu et de la foi (description d’un dieu vengeur, obligations religieuses quotidiennes obsolètes, jugements moraux, etc…).

    De plus, le bien et le mal sont des jugements moraux, et la morale est individuellement différente dans ses valeurs et ses tolérances pour chaque individu, la religion, elle, émet ses propres jugements moraux sur des actes, et ainsi contraint tous ses fidèles a les respecter et partager ses jugements, (ainsi dieu juge et peut réprimer) mais la religion peut aussi absoudre et pardonner, ou maudire et excommunier, au final non pas selon dieu, mais selon le jugement d’un homme représentant l’autorité locale ou mondiale de cette religion.

    « Des défauts comme se laisser accaparer par les soucis de la vie en raison de son ambition ou de son désir de s’enrichir. Pareil accaparement conduit souvent à négliger sa famille, au point de se plaindre de ne pas avoir vu grandir ses enfants et d’avoir négligé son conjoint. Celui qui a négligé des êtres si proches de lui risque fort d’avoir fait de même pour Dieu. » c’est VOTRE vision de la foi, pas forcément celle de vos voisins, et les « défauts » ne sont pas forcément lié a la pratique de la foi, certains peuvent aussi délaisser leurs enfants aux profits de longues prières, de stages religieux et de vie centrée autour de Dieu et de la religion oubliant de se préoccuper des problèmes terrestres et infantiles de leurs enfants…

    « Autre défaut : succomber à l’attrait des plaisirs au point de ne pouvoir résister. Qu’il s’agisse de la boisson, du sexe, de la drogue ou des jeux, une fois l’emprise établie, tout passe après la satisfaction du désir. Ceux qui osent s’opposer à ce mode de vie, Dieu y compris, se voient rangées dans le camp des ennemis. Cette vie entraîne une dégradation de la personne peu propice à une relation avec un Être spirituel. »

    beaucoup de gens découvrent dieu quand il s’agit de se sortir de problèmes (addictions, troubles mentaux, delinquance) la foi chrétienne repose beaucoup sur cette souffrance de la vie et de ce combat quotidien a les supporter. hors la religion comme vous la décrivez semble être plus une vie disciplinaire qui vous contraint qu’une vie de charité, tolérance et d’amour…

    bref, comme vous le voyez je ne partage pas votre vision de la foi, et encore moins l’amour des religions, pour autant je ne dis pas détenir la vérité, mais surtout je n’en comprend pas ses contradictions, en revanche je vous certifie croire en dieu, en un dieu non défini par des textes et des prophéties ! et mes valeurs morales sont celles d’un homme lambda, qui croit a la bonté, et qui évite de faire aux autres ce qu’il ne veut pas subir lui même.

  3. Il est vrai que la neutralité de l’Etat parait absurde puisque que les personnes non croyantes sont une minorité cela étant si l’Etat n’était neutre, quelles mesures seraient appliquées? Certaines religions sont plus pratiquées que d’autres alors faut-il craindre que ces religions dominantes n’empiètent sur d’autres? Je pense aussi que si l’Etat cessait d’être neutre, les personnes non croyantes pourraient être contraintes de subir en quelques sortes ces religions.

    Je ne suis pas croyante et pourtant je respecte les personnes qui le sont et je ne pense pas qu’il faille croire en dieu pour pouvoir avoir une bonne conduite et une conscience morale, ce serait condamner les libres penseurs qui ne partage pas cette foi.

    De plus, je vois la religion comme un soutien pour des personnes qui auraient besoin d’un cadre dans lequel vivre, d’une communauté et des valeurs à défendre.
    Et d’ailleurs, vous dites qu’être non croyant c’est « Être incapable de concevoir que cet Être veuille le bien de ce à quoi il a donné vie » mais je pense pas que Dieu, peu importe le nom qu’il porte, nous veuille vraiment du bien puisque le monde entier agonise de plus en plus, nous tombons dans une réelle décadence, c’en est effrayant d’ailleurs! Alors où est le bien dans ce monde plein de souffrance? Dieu nous aide-t-il réellement en nous laissant sombrer? Pourquoi n’y a-t-il pas un autre prophète au moment où nous en avons le plus besoin?
    Des questions qui restent sans réponses pour moi et qui n’empêcheront de me dévouer à un quelconque « être spirituel ». Et si Dieu existe réellement, c’est qu’il a cessé d’occuper sa place, ce serait, pour moi, un père qui nous a abandonné alors je préfèrerais autant ne pas croire en Dieu plutôt que d’accepter ça.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *